Archives départementales du Calvados

https://archives.calvados.fr/Les Archives départementales du Calvados, créées sous la Révolution française, font partie depuis 1986 des directions du Département. Les Archives sont installées dès 1963 au nord de Caen dans un bâtiment agrandi et rénové en 1992.

Aujourd’hui, les Archives du Calvados conservent plus de 60 kilomètres linéaires de documents et ont mis à disposition du public plus de 11 millions d’images numérisées accessibles sur postes informatiques en salle de lecture et sur le site des Archives.

Les Archives départementales ont pour mission de collecter, classer, conserver, communiquer et mettre en valeur les documents d’archives qui leur sont confiés.

Les fonds des Archives départementales sont également enrichis au moyen de dons, legs d’archives personnelles ou familiales.

Visite des Archives Départementales avec Madame Hélène Bonnamy le 25 avril 2019 organisée par Gérard Fournier

Exposition en ligne « Parcours de Résistants »

https://archives.calvados.fr/editorial/page/295a767d-223e-4486-a7e0-90d95b3da6a

Archives privées collectées par Mémoires de la Résistance normande et déposées par les familles aux Archives départementales du Calvados.

Archives de Jacques Vico

Cote/Cotes extrêmes 59J/1-59J/352

Origine : Madame Gabrielle Vico et les ayants-droit de Jacques Vico

Biographie ou Histoire

Membre de la Jeunesse Étudiante Chrétienne, Jacques Vico s’est engagé dans la résistance dès juillet 1940, à l’âge de 17 ans sous le nom de Joseph Vitran. Au sortir de la guerre, il prend la tête de la Coopérative Nationale de Reconstruction et de Reconstitution des Boulangers Sinistrés. Il dirigera également l’Assedic Basse-Normandie pendant près de trois décennies et participera à la fondation du réseau des Maisons des Jeunes et de la Culture. Il était président de l’Union départementale des Combattants Volontaires de la Résistance, vice-président national de cette organisation, et président de l’association Résistance et Mémoire. Tout au long de son existence, il a placé l’homme au cœur de ses activités et s’est continuellement investi pour témoigner et transmettre son engagement auprès des jeunes générations. Il a fait don de ses archives, composées d’archives papier, iconographiques, audiovisuelles et d’objets, intitulées « Résistance et Commémorations » (25 ml).

Son engagement au sein de nombreuses associations, notamment en tant que président de l’Union départementale des Combattants volontaires de la Résistance, vice président de la Confédération Nationale des Combattants volontaires de la Résistance jusqu’en 2005 ou encore vice-président d’honneur de la Fondation de la Résistance de 2007 à sa disparition en 2012, témoigne de sa volonté de transmission des valeurs de la Résistance à la jeunesse de même que sa participation à des manifestations, à l’organisation du Concours National de la Résistance et de la Déportation, de recherches concernant des évènements ou faits de résistance dans la région de Basse-Normandie.

Au cours de sa vie, il a constitué plus d’une centaine de dossiers de personnes, lieux et évènements comportant une importante documentation, correspondance et témoignages recueillis grâce à ses contacts personnels (59 J 186-233).

Bibliographie

Gérard FOURNIER (Dir.), Jacques Vico, chantre et exceptionnel passeur de mémoire, Condé-sur-Noireau, 2014, éditions Corlet, 126 p.

146J Lucien Levillain

Origine Monsieur Lucien Piquenet-Levillain.

Biographie ou Histoire

Lucien Levillain naît à Trouville le 2 juillet 1923. A quinze ans il se prépare à entrer à l’École d’aviation de Rochefort comme élève pilote mécanicien. Puis, au début de la guerre, il est employé comme ouvrier mécanicien dans un garage. Refusant de subir les mesures imposées par l’occupation allemande, il s’engage, début 1942, dans la Résistance aux côtés d’un ami, Lucien Lemariey. Il intègre alors le Front patriotique de la jeunesse, au nom duquel il distribue des tracts sous les portes des habitants, après le couvre-feu. Il mène également des actions d’intimidation à l’encontre des collaborateurs de la région trouvillaise. Il profite de son emploi dans un garage automobile de Deauville pour mener plusieurs sabotages sur des véhicules allemands. Après l’arrestation, le 5 juin 1943, de « Monique » (Micheline Jalabert), l’agent de résistance qui fait la liaison avec Caen, il rejoint un réseau de renseignement allié, le réseau Jean-Marie (Donkeyman), dépendant du Special Opérations Executive britannique (SOE), dirigé depuis Londres par le colonel Buckmaster.

Suite à un attentat manqué le 4 septembre 1943 sur un collaborateur de Trouville, 31 membres du réseau sont arrêtés par la Gestapo de Caen, celui-ci ayant été infiltré par le service de contre-espionnage de l’armée allemande. Lucien Levillain est arrêté le 10 septembre sur son lieu de travail. Il est torturé et interrogé au siège de la Gestapo à Caen (rue des Jacobins) mais parvient à garder le silence sur ses activités et celles de ses compagnons. Douze d’entre eux sont fusillés. Le 13 septembre, il est incarcéré à la prison de Caen où il reste jusqu’au 24 janvier 1944. Il partage sa cellule avec le docteur Hautechaud qui était à la tête du réseau Buckmaster pour la basse Normandie. Lucien Levillain est ensuite transféré dans le camp de concentration de Buchenwald où le convoi arrive le 29 janvier. Après sa quarantaine au petit camp, block 62, Lucien Levillain est affecté, avec d’autres mécanos, au Kommando Julius de Schönebeck-sur-Elbe, le 18 février 1944. Occupant du block 4, table 9, il travaille à l’une des halles de l’usine Junkers Flugzeug und Motorwerke.

Il parvient à survivre jusqu’à l’évacuation du camp le 11 avril 1945 avec 1562 autres détenus. Après un premier échec, le jour l’évacuation, Lucien Levillain parvient à s’échapper de sa colonne, le 3 mai avec quelques camarades. Il est abrité pendant quelques jours par l’armée américaine dans un camp de prisonniers allemands, puis, le 10 mai, transporté jusqu’à une caserne de Schwerin (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale). Le 17 mai, Lucien Levillain quitte Schwerin en train pour la France. Il arrive d’abord à Valenciennes puis il parvient à la Gare du Nord à Paris le 23 mai. Après un bref passage par l’hôtel Lutétia, il retrouve sa famille à Trouville, le 25 mai.

A son retour dans le Calvados, il regagne sa ville natale de Trouville où il demeure jusqu’à son décès, en 2017. ll aménage dans sa propriété un lieu de mémoire privé où il garde des objets, des notes, des photographies, témoins de ses années de Résistance mais surtout de sa déportation.

Don, 2017 Archives du Calvados

Témoignages audiovisuels de Lucien Levillain réalisés par les Archives du Calvados de décembre 1995 à mars 1996, 2AV/129-2AV/131, 2AV/136

Témoignage audiovisuel enregistré à l’occasion du colloque Commémoration du 60e anniversaire de la Libération des camps de concentration et d’extermination le 5 mars 2005, 2AV/307-2AV-308

Bibliographie

Gérard Fournier et Lucien Levillain, De Trouville-sur-Mer à Buchenwald, itinéraire d’un déporté résistant, Éditions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 2014.*

6J/10 Henri Lampérière

Origine Madame Geneviève Lampérière.

Fils de commerçants à Landelles-et-Coupigny, Henri Lampérière est né dans cette commune du bocage virois le 15 décembre 1921. Pour éviter un départ en Allemagne, il s’engage, pour trois ans, dans l’armée d’armistice le 16 octobre 1942, mais celle-ci est bientôt dissoute. Démobilisé, il rentre chez ses parents avant la fin de l’année où il ne tarde pas à recevoir deux convocations pour aller travailler Outre-Rhin. Farouchement hostile au fait de devoir travailler pour le Reich, Henri Lampérière contracte un engagement de trois ans dans la gendarmerie. Admis au centre d’instruction du fort de Montrouge, il a la chance de pouvoir servir comme gendarme stagiaire à la 3e Légion de gendarmerie de Normandie et d’être affecté, le 1er juillet 1943, à la compagnie du Calvados au siège de la brigade de Bretteville-sur-Laize. Approché par Jean Foucu, un jeune réfractaire au STO dont les parents exploitent une ferme à Barbery, il rejoint les rangs de l’OCM et commence son activité clandestine en sabotant les avis de recherche lancés à l’encontre des réfractaires de la région. Profitant de ses tournées en service, il collecte des renseignements sur les terrains militaires gardés par les Allemands : carrières à Bretteville-sur-Laise et à Cauvicourt, aérodrome de Roquancourt. Jean Foucu met le gendarme Lampérière en relation avec le chef du réseau anglais Scientist, un jeune Bordelais de 20 ans, Jean Renaud-Dandicolle, parachuté en France fin janvier 1944 et arrivé en Normandie le 4 février. Profitant des facilités que lui procure un gendarme en uniforme, équipé d’une moto pour ses déplacements, le jeune officier des services spéciaux britanniques sillonne la région entre Caen, Troarn, Pont-d’Ouilly et Thury-Harcourt. Il rencontre les chefs de groupes FFI, effectue des liaisons, et procure à la Résistance des armes et du matériel de sabotage, grâce à plusieurs parachutages effectués dans le sud du Calvados. Après le 6 juin 1944, Henri Lampérière est chargé de missions de plus en plus périlleuses, avec la montée en puissance des divisions blindées de la Wehrmacht et de la Waffen-SS dirigées vers le front de Normandie : passages des lignes, transports d’armes et d’explosifs, liaisons avec le PC du chef de la Résistance caennaise, Léonard Gille. Parvenant à surmonter tous les obstacles, il empêche l’évacuation de la population civile caennaise ordonnée par la Feldkommandantur 723 repliée dans l’Orne, en remettant volontairement trop tard un message aux autorités de Caen dont il était porteur (GF).

Résistance et Déportation Cote/Cotes extrêmes 6J/12 Date 1940-1998 Correspondance, état des services militaires, attestations, notes et récits, cartes de membres d’associations, brochure « Historique du Maquis de Saint-Clair », brochures sur la déportation, articles de presse, journaux, photographies.

Actions dans la résistance Cote/Cotes extrêmes6J/10 Date1942-1985 Attestations de faits d’armes, citations, articles de presse,notes, correspondance.

Libération de Landelles Cote/Cotes extrêmes6J/10 Date1976 Articles de presse, carte d’état major, notes, journal.

6J /20-22 Pierre Bar

Origine : Nicole Trupin-Bar.

Date 1946-1988

Biographie ou Histoire

Pierre Bar (1907-1976) est originaire du Nord de la France. Il quitte cette région en 1940 afin d’échapper aux Allemands et trouve refuge avec sa famille à Falaise.Il exerce alors la profession de représentant de commerce.

Au printemps 1943, il entre dans la résistance aux côtés de Jean-Michel Cauchy, négociant originaire de la région lilloise comme lui. Il intègre alors le réseau Buckmaster, piloté dans la région par Bernard de la Rochefoucauld. Dans la nuit du 15 au 16 mai 1943, le groupe réceptionne un important parachutage d’armes à Martigny. Mais le réseau est rapidement démentelé suite à l’arrestation du major Suttil, agent britannique et organisateur du réseau en France.

Pierre Bar est arrêté par la Gestapo le 1er juillet 1943. Après une détention à Compiègne, il est déporté le 17 janvier 1944 à Buchenwald, puis en février de la même annnée à Flossenbürg. Il rentre des camps en mai 1945.

Présentation du contenu

Déclarations administratives sur la déportation : cartes justificatives, carnet de soins gratuits, correspondance, attestations, fiche de démobilisation, déclaration de situation, certificats, demande de carte de combattant, fiches de résistant (1945-1975). Recherches effectuées sur la résistance et la déportation : correspondance, photocopies de documents, programmes de commémorations (1945-2008). Relation avec les organisations d’anciens résistants et déportés : correspondance, attestations, fiche de résistance, de démobilisation, documentation (1945-1975). Relation avec les familles de déportés de Flossenbürg : correspondance, photographie, attestaions, pièces justificatives (1945-2004). Remise de la Légion d’Honneur : correspondance, invitation, photographies, coupures de presse, carte de membre, extrait de journal officiel (1961, 1975). Présidence de Pierre Bar au Conseil des prud’hommes : discours (non datés). Décès de Pierre Bar : correspondance, coupres de presse, discours, nécrologie, faire-part, lettre de Pierre Bar à sa famille [« testament spirituel »] (1975-1988)

Bibliographie

Fournier, Gérard. Le serpent chauve devient zazou,le réseau Prosper-Physician dans le Calvados (SOE),Condé-sur-Noireau, Editions Charles Corlet, 2015, 329 p.

Jean-Michel et Marie Cauchy

Cote/Cotes extrêmes 6J/8-6J/9. 6J/13

Biographie ou Histoire

Jean-Michel Cauchy est né à Saint-Pierre-sur-Dives le 26 novembre 1915. Issu d’une famille d’industriels lillois, il épouse le 7 juin 1938 Marie Lehembre née à Saint-Cloud le 14 janvier 1918 et originaire de Roubaix. Jean-Michel Cauchy est mobilisé comme lieutenant de 1939 à 1940. À sa démobilisation, il rejoint sa femme à Falaise.

Contacté par le capitaine Francis Alfred Suttill, officier britannique du Special Operations Executive (SOE), Jean-Michel Cauchy, alias « Paul Sapin », prend la direction du réseau Prosper-Physician à Falaise au début du printemps 1943. Il y fédère un groupe de résistants dont la mission est de réceptionner des armes parachutées à Martigny dans la nuit du 15 au 16 mai 1943.

L’opération est une réussite mais le couple est arrêté par la Gestapo le 1er juillet de la même année. Ils sont d’abord internés à la maison d’arrêt de Caen puis à celle de Rouen. Marie Cauchy est ensuite conduite au camp de Compiègne-Royalieu et déportée le 31 janvier 1944 au camp de concentration de Ravensbrück mais survivra à la libération. Jean-Michel Cauchy est transféré au camp de Buchenwald le 14 décembre 1943. Il sera tué lors de l’évacuation du camp en avril 1945.

Bibliographie

Fournier, Gérard. Le serpent chauve devient zazou,le réseau Prosper-Physician dans le Calvados (SOE),Condé-sur-Noireau,  Editions Charles Corlet, 2015, 329 p.

Don, 2016, fait avec l’entremise de M. Gérard Fournier, président du Comité régional de la Résistance

6J/14Gaëtane Bouffay

Biographie ou Histoire

Gaëtane Bouffay (1906-1988) tient un commerce en mercerie à Lisieux lorsque la guerre éclate. Conseillère presbytérale auprès du pasteur Orange, elle entre, par son intermédiaire au service du réseau Buckmaster Jean-Marie. Sa boutique sert alors à de lieu de réunion. Elle s’occupe également de transmettre les messages aux membres du réseau.

Suite à un attentat manqué le 4 septembre 1943 à l’encontre d’un collaborateur de Trouville et à l’infiltration du réseau par l’Abwehr, elle est arrêtée, tout comme 30 autres membres du réseau, le 6 octobre.Internée à Compiègne, elle est déportée le 31 janvier 1944 à Ravensbrück, puis à Buchenwald. Elle est libérée au printemps 1945.

Don fait par l’entremise de M. Gérard Fournier, président du comité régional de la Résistance

Présentation du contenu

Fiches de résistants, correspondance, archives de l’Amicale du Réseau Jean-Marie, notes préparatoire au livret Visages Lexoviens.

André Heintz

Biographie ou Histoire

André Heintz est né en mai 1920 à Caen. Il étudie l’anglais à l’Université de Caen, après avoir effectué une classe préparatoire au lycée Henri IV à Paris. Pendant l’automne 1940, il entre en résistance au sein d’un réseau de résistance franco-polonais, animé par l’abbé Makulec, avant de rejoindre le mouvement de résistance de l’Organisation Civile et Militaire en 1942. En 1943, il échappe au Service du Travail Obligatoire en devenant professeur d’anglais à l’Institut Saint-Joseph. Au début de l’année 1944, il est chargé de s’occuper du groupe de résistance de l’Organisation Civile et militaire des jeunes. Après le débarquement, il est brancardier au sein des équipes d’urgence de la Croix-Rouge. Enfin, à la Libération de Caen, il entre au service des Alliés en tant qu’interprète du colonel Usher, qui dirige le détachement des affaires civiles britanniques. Après la guerre, il reprend sa carrière d’enseignant, d’abord en tant qu’assistant à l’Université d’Edimbourg, puis comme professeur au lycée Malherbe, et à l’Université de Caen. Il rejoint le Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, créé en 1951, dont le but était de transmettre et de préserver la mémoire du conflit. Il consacre une partie de sa carrière à la recherche historique et publie plusieurs ouvrages sur la Seconde Guerre Mondiale.

André Heintz est décédé en 2017. 

Communicable (En salle de lecture uniquement)

Documents séparés

72AJ/35-72AJ/89 – Archives du Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale aux Archives Nationales.

Bibliographie

COLLIN Jean, HEINTZ André, La vie quotidienne des étudiants à Caen de 1939 à 1955, Caen, Presses Universitaires de Caen, 1994, 116 p. 

HEINTZ André, « Caen pendant la bataille : récit d’un témoin », dans BEDARIDA François (dir.), Normandie 44 : du débarquement à la Libération, acte de colloque organisé par l’Institut d’histoire du temps présent à l’Université de Caen en 1984, Paris, Albin Michel, 1987. 

HEINTZ André, « Un membre de la Croix rouge et de la Résistance raconte », dans Témoignages et récits de la vie caennaise, 6 juin- 19 juillet 1944, Ville de Caen, 1984. 

6J/19/1 Robert Castel

Biographie ou Histoire

Robert Castel est né le 28 mai 1909 à Caen. Son père est garagiste à Mondeville pour les ingénieurs de la Société métallurgique de Normandie. Lors de la déclaration de la guerre, Robert Castel est employé comme ouvrier à la Société des ciments français à Colombelles. Il est mobilisé dans le 18e régiment de chasseurs, en garnison à Saint-Avold (Moselle). Après le 12 juin 1940, il est fait prisonnier en Allemagne, d’où il s’évade dès le 16 juin pour regagner Mondeville un mois plus tard.

Robert Castel entre dans la Résistance d’abord au mouvement CDLR (Ceux de la Résistance), puis à l’OCM (Organisation civile et militaire), par l’intermédiaire de Louise Boitard (Jeanine Gilles) à laquelle ses parents rendent de petits services. Son père, Victor, écoute assidûment la BBC et prend des notes que la résistante caennaise vient chercher en bicyclette. C’est par son intermédiaire qu’il se fait embaucher pour le journal Ouest Eclair, en tant que chauffeur-livreur. Cette activité lui permet de participer aux convoyages d’armes, comme celles qui ont été parachutées à Acqueville, le 8 septembre 1943, pour le compte du BOA (Bureau des opérations aériennes) dirigé par Emmanuel Robineau. Il transporte aussi des armes à l’abbaye d’Ardenne, propriété de Roland Vico.

En 1944, Robert Castel est adjudant au sein de la Compagnie Scamaroni, unité combattante FFI créée à l’initiative de Léonard Gille à la mi-juin 1944. Il procède à l’enlèvement du dépôt d’armes caché au fond de la carrière Kaskoreff à la Maladrerie, et organise, pour les FFI de la Scamaroni, des séances de maniement, à la Vinaigrerie, rue de la Haie-Vignée. Il prend une part active à la libération de Caen en participant aux missions périlleuses. Le 10 juillet 1944, en avant du pont de Vaucelles, il est tué d’une balle tirée à bout portant par un soldat allemand. La veille, il avait fait partie, avec René Duchez, Georges Poinlane, et le fils du colonel Perret, des quatre FFI qui ont hissé, au nom de la Résistance, pour la première fois au grand jour, place du lycée (actuelle place Monseigneur des Hameaux), le drapeau tricolore portant la Croix de Lorraine.

Une rue de Caen porte actuellement son nom.

Don, 2018

Présentation du contenu

2 médailles militaires, certificats, correspondance, photographies, coupures de presse, discours (1931-2009). Témoignage de sa fille, Mireille Desgrippes, par Gérard Fournier (23 mars 2018).

Bibliographie

Jacques VICO, André RUEL, Pierre SAMIN et André BOULVAIN « Les carrières Kaskoreff de la Maladrerie, leur utilisation par la Résistance de décembre 1943 à juillet 1944 », dans Les Mondes souterrains, mémoire de l’histoire, Les cahiers des Archives départementales du Calvados n°24, Caen, Département du Calvados, 2005, pages 50 à 55.

6J/15 Pierre Letainturier

Date 1944-1984

Origine Entrée n°5408

Le menuisier de Condé-sur-Noireau Pierre Letainturier (1903-1975) entre dans la Résistance au sein de l’Armée des Volontaires, dés le mois d’avril 1941. Il intègre alors un groupe dirigé par Jacques Berthoux, directeur de bonneterie à Saint-Pierre-du-Regard (Orne). Les arrestations de décembre 1943 dans la région de Condé-sur-Noireau, orchestrées par le SD de Caen à la suite des aveux extorqués sous la torture, du chef du BOA du Calvados, Emmanuel Robineau, contraignent le groupe à l’inaction jusqu’en mars 1944.

Rattaché à cette date à l’Organisation de résistance de l’armée (ORA), par le commandant Régis Des Plas, nommé à la tête du secteur Normandie-ouest, le groupe Berthoux réceptionne, dans la nuit du 5 au 6 avril 1944, un parachutage d’armes constitué de 24 containers et de plusieurs paquets dont l’un d’eux renferme une somme de 8 millions de francs destinée à la centrale de l’ORA à Paris. Annoncé par le message-BBC « Méphisto est un mauvais garçon », Pierre Letainturier fait partie de l’équipe de réception sur un terrain situé sur la commune de Berjou (Orne), au lieu-dit « Le Grand Vervent ». Il participe au transport des armes, des explosifs et de 20 postes de TSF, vers une dizaine de dépôts répartis dans l’arrondissement de Vire, dont l’un est caché dans la chocolaterie Dedeystère à Condé-sur-Noireau. Les arrestations du commandant Des Plas et d’Albert Pétron, à Flers, le 22 mai 1944, coupent le groupe Berthoux de ses chefs et l’obligent à se disperser jusqu’à la Libération.

Siégeant comme secrétaire du comité cantonal de libération de Condé-sur-Noireau, de septembre 1944 à novembre 1945, Pierre Letainturier en a longtemps gardé les archives. Elles sont conservées aujourd’hui aux Archives départementales du Calvados, grâce à un don fait par son petit-fils, le docteur Thierry Charland.

Gérard Fournier

Don par l’entremise de M. Gérard Fournier, président du comité régional de la Résistance

Présentation du contenu

Faits d’armes, correspondance, invitations, articles de presse, notes manuscrites, citations, brassard « Résistance Française ».

Communicable

Don en préparation aux Archives départementales du Calvados.

Par François Le Soudier, membre de Mémoires de la Résistance Normande.

Pourquoi transmettre aux Archives départementales ? Nos histoires familiales sont toutes différentes, mais le but en est le même, savoir d’où l’on vient.

J’ai toujours entendu que mon grand-père Henri REBIARD avait été Résistant Déporté, mais je ne connaissais pour ainsi dire rien de son histoire. D’abord je ne l’ai pas connu et il n’avait pas parlé, maman ne connaissait presque rien d’un père qui est revenu torturé des camps.

En juillet 2017, après un cambriolage chez mes parents, la maison étant complètement retournée une chose m’a cependant choqué. Le tableau avec les décorations de mon grand-père avait été vandalisé, déchiré.

Ma première réaction a été de retrouver les décorations abîmées ou disparues et de refaire un cadre impeccable. Puis la curiosité s’en est mêlée :

à quoi correspondaient ces médailles et qu’avait-il fait ? S’en est suivi plus d’un an de recherches dans les archives des Résistants de l’ONAC d’abord puis dans les archives militaires de Vincennes, j’ai pu retracer ses faits d’armes et ai découvert des passages de livres qui relataient ses combats. J’ai également retracé tout son parcours dans les camps de concentration, et compris comment il a réussi à survivre à cet enfer.

J’ai surtout compris en apprenant ce qu’il avait vécu, pourquoi à son retour il s’était perdu dans ses cauchemars. Mon grand-père est parti jeune des suites de ce qu’il avait subi, bien avant que tout ceux de cette génération ne racontent leur histoire, de ce fait grâce aux historiens comme Monsieur Gérard Fournier, j’ai pu retracer son histoire. C’est à moi désormais, avec ce travail de mémoires en faisant don de tout ce qui le concerne, de lui donner cette place qu’il mérite, de savoir que dans plusieurs années, on pourra exposer sa tenue ou ses photos, que les générations futures pourront connaitre l’intégralité de son histoire pour ne pas oublier que, grâce à lui et tant d’autres, nous vivons en paix aujourd’hui.