Place Foch

Le 11 novembre 1940 une bonne centaine de jeunes gens choisirent de venir ce jour-là, en fin d’après-midi, affirmer leurs sentiments patriotiques autour du monument aux mort de la place Foch… situé à vingt pas de l’hôtel Malherbe… siège de la Feldkommandantur. Le geste ne manquait donc pas d’une audace certaine. Le gros des manifestants semble avoir été fourni par les élèves les plus âgés de l’école primaire supérieur, que le directeur, Monsieur Colin, avait préalablement réunis et harangués dans la plus grande salle de l’établissement pour les inciter à se rendre en nombre au rassemblement.  » Monsieur Desbiot, professeur d’anglais était à la tête de la manifestation qui a valu à mon service et moi-même les reproches les plus violents du colonel commandant la place  » rapportera plus tard le commissaire de police. S’y ajoutaient, des élèves du lycée Malherbe, des étudiants, mais aussi quelques jeunes des mouvements de Jeunesse catholique venus directement du local de l’ACJF, situé non loin du monument aux morts, place de la République. Jacques Vico était l’un deux : « Venant par plusieurs itinéraires, nous nous rassemblons pour une minute de silence devant le monument aux morts. Un détachement de soldats allemands, sortant de Kommandantur, se précipite sur notre groupe. Nous nous dispersons rapidement par des itinéraires différents. Notre petit groupe se précipite vers l’école Gambetta, puis vers la cité Gardin où nous nous dispersons. Nous échappons à toute arrestation. Un autre groupe fuit par la rue des Jacobins et sera hélas intercepté. Il y a entre autres les frères Colin et Monsieur Desbiot. Malheureusement, après les sabotages d’Airan, en avril-mai 1942, ils seront arrêtés comme otages et déportés à Auschwitz où ils périront« . L’intervention rapide des Allemands eut tôt fait de disperser la manifestation. Comme une volée de moineaux, les jeunes gens s’égayèrent en toutes directions, emmenant dans leur fuite des groupes de retardataires qui se dirigeaient vers la place. Les plus véloces – ou les plus rusés – purent s’échapper sans encombre. (Source : « Le Calvados dans la Guerre » Jean Quellien. Editions OREP.

Projet en cour de réalisation, inauguration le 11 novembre 2020.